Une mer intérieure sans marée, des couleurs qui semblent irréelles, et pas un bruit de fête à l’horizon : Bacalar, au sud du Mexique, se tient loin du tumulte balnéaire. On la surnomme « village magique », mais ce titre officiel ne suffit pas à saisir l’atmosphère unique du lieu. Bacalar, c’est la promesse d’un dépaysement total, où la nature impose sa loi du calme et de l’émerveillement. Pour celles et ceux qui rêvent de s’y perdre, voici un tour d’horizon de ce joyau discret, bien loin des foules.
Bacalar : la ville paradisiaque du Quintana Roo
Au sud-est du Mexique, Bacalar se niche en toute discrétion dans l’état du Quintana Roo. Cette petite ville, presque effacée sur la carte, a pourtant de quoi faire pâlir les stations balnéaires voisines. Le secret de Bacalar ? Sa lagune, le fameux « lac aux sept couleurs », aux eaux plus limpides qu’un verre soufflé. Les nuances du bleu s’y déclinent sans se répéter, allant du turquoise clair au bleu profond selon la lumière et la profondeur. On ne vient pas ici pour les plages de sable bondées, mais pour la sérénité d’un paysage quasi intact : palmiers, végétation dense, sable blanc sous les pieds, et cette impression d’avoir trouvé un refuge hors du temps.
Bacalar n’a rien d’un simple décor de carte postale. C’est aussi un terrain de découvertes et de rencontres, où chaque instant peut surprendre. Impossible de s’ennuyer : une balade en bateau pour plonger dans la lagune, une halte au parc Uchben Kah pour nager au cœur d’une nature préservée, ou l’observation des oiseaux qui font halte ici, cormorans et pélicans en tête. Sous la surface, des villages de pêcheurs perpétuent leurs traditions. Tous ces éléments réunis font de Bacalar une destination rêvée pour celles et ceux qui cherchent à couper avec le regard des autres et à renouer avec l’essentiel.
Les activités incontournables à faire à Bacalar
Impossible de rester en place longtemps à Bacalar : cette ville paisible regorge d’activités variées qui donnent le ton d’un séjour réussi. Voici les principaux temps forts à ne pas manquer sur place :
La lagune des sept couleurs
Surnommée la Lagune de Bacalar, la « Laguna de los Siete Colores » impressionne par son camaïeu de bleus, résultat d’une alchimie entre fonds sablonneux, cénotes et variations de lumière. Sur près de 45 kilomètres, la lagune accueille plusieurs petites îles et quatre cénotes. C’est le cœur battant du village. Les activités y courent : voile, kayak, baignade, stand-up paddle, snorkeling… Pas de plage classique ici : pour accéder à l’eau, on emprunte les quais de clubs, hôtels ou restaurants qui jalonnent la rive. Un vrai terrain de jeu pour amateurs de sports nautiques ou simples rêveurs en quête de fraîcheur.
Le Fort San Felipe
Bacalar possède aussi son pan d’Histoire. Le Fort San Felipe, bâti jadis pour se protéger des pirates, domine la lagune. Aujourd’hui, il ouvre ses portes aux curieux, offrant un panorama saisissant sur les cénotes alentours. Son musée retrace aussi bien l’époque coloniale que les racines mayas de la région. On y admire pièces d’époque, objets archéologiques et récits de batailles qui ont façonné la ville.
Le Canal des Pirates
Ce canal porte bien son nom, rappelant les violents affrontements entre pirates et corsaires à l’époque coloniale. De nos jours, c’est un lieu phare de Bacalar, parfait pour la baignade et les soins naturels : le sable riche en soufre exfolie la peau comme nulle part ailleurs. Pour s’y rendre, plusieurs options : paddle board, kayak loué auprès d’un hôtel, nage, voilier, tour en bateau ou même catamaran. À chacun son rythme, à chacun sa façon de s’approprier ce lieu hors norme.
Les balnearios
Pour profiter pleinement de la lagune, les balnearios, ces stations balnéaires publiques ou privées, égrainent les rives. Chacun a son style et ses habitués. Parmi les options, on trouve :
- Balneario Municipal : gratuit, à deux pas du centre, il attire familles et locaux.
- Balneario Municipal El Aserradero : parfait pour la baignade ou pour organiser une petite fête conviviale.
- Balneario de los Azucareros : le spot à privilégier pour observer les stromatolithes, ces formations calcaires uniques.
D’autres expériences valent aussi le détour : visionner un film à la belle étoile sur la lagune, bière à la main, admirer le lever du soleil sur un cenote, ou partir à l’aventure en kayak pour explorer les recoins les plus secrets de Bacalar.
Quelques infos à savoir avant de se rendre à Bacalar
Il est utile de connaître quelques détails pratiques avant de planifier son séjour. Le climat à Bacalar n’est pas toujours clément en juin et septembre, la faute à des précipitations fréquentes. Une fois sur place, le vélo reste la meilleure option pour circuler aisément et s’immerger dans l’ambiance locale. Pour arriver à Bacalar, plusieurs solutions : bus ou voiture depuis Playa del Carmen, chacun choisissant selon ses envies et son budget. En bus, comptez en moyenne 300 pesos, mais le tarif fluctue selon la compagnie sélectionnée.
Les meilleures adresses pour se loger et se restaurer à Bacalar
Pour dormir à Bacalar, l’offre d’hébergement se révèle étonnamment variée. Ceux à la recherche de confort contemporain peuvent poser leurs valises au Bacalar Agua Clara Hotel, qui propose piscine extérieure et restaurant où déguster une cuisine locale raffinée.
Les adeptes de charme authentique privilégieront plutôt La Petite France Bacalar, maison d’hôtes chaleureuse à quelques pas du lac, où chaque chambre affiche une décoration soignée et une atmosphère conviviale.
Côté table, impossible de repartir sans goûter aux saveurs mexicaines. L’adresse incontournable : Los Almendros Restaurante, un lieu où la gastronomie traditionnelle s’exprime dans une ambiance détendue et accueillante.
L’histoire fascinante de la Laguna de Bacalar, la ‘lagune aux sept couleurs’
Mais ce qui attire irrésistiblement à Bacalar, c’est cette lagune singulière, surnommée à juste titre la « lagune aux sept couleurs ». Derrière sa beauté, une histoire séculaire se devine.
Bien avant l’arrivée des voyageurs, la lagune occupait une place centrale dans la vie des Mayas. Point de commerce dynamique, elle servait de voie navigable entre différents sites archéologiques et marchés. À Bacalar, coton, sel et autres denrées circulaient et s’échangeaient dans une effervescence aujourd’hui disparue.
Le nom de la ville, « Bacalar », signifie littéralement « entouré de roseaux » en langue maya. Les anciens avaient construit une vaste digue pour protéger la cité de potentielles incursions ennemies, preuve de l’importance stratégique du site.
Ce n’est qu’au XVIIIe siècle que les Espagnols ont commencé à coloniser la région, édifiant des forteresses autour de la lagune pour se défendre des pirates venus d’Angleterre ou de France, attirés par les richesses du commerce local.
Aujourd’hui, Bacalar brille avant tout par la pureté de sa nature. Les eaux, oscillant du turquoise translucide au bleu profond, offrent un spectacle que la lumière réinvente chaque jour. C’est un terrain de jeu rêvé pour les amateurs de sports nautiques, du kayak au paddleboard. Et quand le soleil décline, le calme de Bacalar enveloppe la lagune d’une aura presque irréelle, invitant à s’attarder encore, ne serait-ce qu’un instant de plus.


